Il y a de plus en plus de réalisateurs étrangers qui travaillent à Hollywood et hormis une poignée de ces cinéastes, les autres sont généralement confinés à des douteux remakes de très bons films asiatiques. Après avoir appris à la dure avec son soporifique «Gothika», Mathieu Kassovitz promettait le nirvana avec «Babylon A.D.», l’adaptation de l’excellent roman de Maurice G. Dantec.
Ces deux illustres noms ne sont pourtant que de la poudre aux yeux. Finalement, ce sont les producteurs du gros studio américain qui a eu le dernier mot en transformant l’œuvre prometteuse en long métrage vide et musclé.
En 2013, la Terre n’est plus une planète très sécuritaire. Cela n’empêche pas le mercenaire sanguinaire Toorop (Vin Diesel) d’accepter des missions difficiles. Cette fois, il doit transférer et protéger deux femmes dont l’une serait peut-être la clé pour sauver – ou détruire – l’humanité. Pour y arriver, mieux vaut tirer dans le tas avant de poser la moindre question.
C’est l’idée géniale qui n’arrive pas à se concrétiser. De nature optimiste, Kassovitz voulait adapter un livre majeur de la science-fiction des dernières années qui traitait de terrorisme, de clonage et de religion. Pour y parvenir, il devait absolument avoir d’énormes moyens financiers.
Mais plus il y a de gens réunis, moins l’artiste a le contrôle sur son projet. Rapidement, la vision se transforme en gros Frankenstein barbare qui détruit tout sur son passage en faisant couler la violence. Bref, tout le contraire des desseins de son créateur. Après deux échecs, peut-être que le metteur en scène de l’immense « La haine » pensera à un projet plus personnel… et réaliste.
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