Benoît Pilon réalise «Ce qu’il faut pour vivre», un film sur le déracinement. On y raconte l’histoire d’un Inuit qui, dans les années 50, est amené à Québec pour y être soigné. Le cinéaste et anthropologue de formation Bernard Émond a rédigé le scénario du long-métrage auquel a également collaboré le cinéaste.
Au début des années 1950, Tivii, un chasseur inuit atteint de tuberculose, est déraciné et transporté dans un sanatorium de Québec pour se faire soigner. Affaibli, il doit en plus faire face aux conséquences de son arrachement : séparé de ses proches, incapable de communiquer dans une langue inconnue, confronté à une culture dont il ne connaît rien, et surtout, qui ne connaît rien de la sienne. Démoralisé, Tivii décide de se laisser mourir et devient son pire ennemi. Un ennemi que l’infirmière Carole combattra avec toute la force de sa détermination. Carole comprend le mal profond qui afflige Tivii et elle insiste pour que le jeune inuit Kaki, malade lui aussi, soit transféré dans son sanatorium. Kaki connaît bien les blancs et il permettra à Tivii d’appréhender ce monde qui le rebute. De son coté, en transmettant ses connaissances à Kaki, en lui parlant des coutumes de son pays, Tivii retrouvera sa fierté et la volonté de guérir.
Natar Ungalaaq (touchant dans la peau de Tivii), Éveline Gélinas, Paul-André Brasseur, Vincent-Guillaume Otis, Antoine Bertrand, Denis Bernard et Louise Marleau font notamment partie de la distribution.
Dans ce long-métrage, ni Blancs ni Inuits ne sont diabolisés ou montrés comme des saints. C’est ce qui est intéressant.
Ce long-métrage nous rappelle également un volet méconnu ou oublié de notre histoire. Des Inuits furent effectivement traités dans plusieurs villes canadiennes du «Sud» pour la tuberculose dans les années 40 et 50.
«Ce qu’il faut pour vivre» est un beau film de nature poétique mais qui s’adresse avant tout aux cinéphiles avertis, aux férus d’histoire ainsi qu’à tous ceux préoccupés par le sort des Inuits et des peuples des Premières Nations.
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